littérature

Station Eleven : quand la littérature anticipe l’actualité.

Petit résumé d’une de mes lectures de confinement : Station Eleven, par Emily St John Mandel, paru en 2014 aux Editions Rivage.

L’ironie, c’est que ça n’est pas tout à fait une de mes lectures de confinement : en réalité, cela a été ma dernière lecture avant la mise en place des premières mesures sanitaires en mars dernier. La coïncidence était déjà surprenante à l’époque ; aujourd’hui avec le recul, je suis intimement convaincue que l’Univers tentait de me faire parvenir un message. La synchronicité tout de même, quel phénomène surprenant !

L’atmosphère général de ce roman se veut post-apocalyptique : l’action se passe de nos jours, et propose une alternative pas si absurde au monde tel qu’on le connait. L’histoire s’ouvre sur un fait divers : la mort abrupte sur scène d’un comédien de renom, Arthur Leander. En face de lui, une très jeune comédienne d’une huitaine d’années, Kirsten, un des personnages qu’on va suivre ensuite. Au premier rang, Jeevan, ambulancier, qui ayant échoué à réanimer l’acteur, décide de détourner l’attention de la fillette pour lui éviter un quelconque traumatisme. Sorti du théâtre, Jeevan déambule dans les rues enneigées de Toronto. Il est extirpé de sa torpeur par un coup de téléphone alarmiste d’un de ses amis médecins, lui intimant de se barricader chez lui au plus vite, la ville étant en proie à une étrange grippe dévastatrice qui tue les gens en quelques jours seulement.

Petit bond dans le temps : An 20, Kirsten fait partie d’une troupe de comédiens nomades qui clame du Shakespeare à qui veut bien l’entendre. Pendant son périple, elle visite les nombreuses maisons abandonnées depuis 20 ans à la recherche d’artefacts du passé, et surtout de journaux d’époque qui pourraient l’aiguiller sur un certain Arthur Leander dont elle a vague mémoire ; tout ce qui lui reste de cet homme, ce sont 2 numéros d’un comics très en vogue alors : Station Eleven.

Si la population a été éradiquée à 99% suite à cette historique épidémie de grippe, le parcours de la jeune femme sera tout de même jalonné de rencontres en tout genre ; de nouveaux membres de la troupe, aux rencontres amoureuses, en passant par une espèce de prophète-gourou qui ambitionne de repeupler la terre à lui seul…

Dans ce monde sans électricité, sans supermarché, sans infrastructure d’aucune sorte, où la justice des hommes est légion et où la morale est une espèce de concept un peu vague et propre à chacun, des alliances se créent, des affrontements aussi… Des gens disparaissent, d’autres se battent pour survivre, et d’autres encore n’ayant connu que cela, évoluent dans cet univers familier, mais hanté par le fantôme d’une époque éteinte et dont les braises sont encore tièdes.

Lire ce livre en 2020, c’est comme regarder un film d’horreur tard dans la nuit : une forme de masochisme dont vous serez parfaitement incapable de vous défaire.

Et toi, parle-moi de ta plus belle rencontre littéraire ; quel ouvrage t’ayant particulièrement marqué me recommanderais-tu, et pourquoi ?

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