écologie, Culture générale, Ecoresponsabilité

Journée du 3 février : Et si Elmer Food Beat s’était trompé ?

Recyclage ; LA solution miracle ?

J’ai enfin terminé la lecture d’un bouquin que je vous recommande chaudement, et qui ne manquera pas d’ébranler l’écologiste patenté qui sommeille en vous. L’ouvrage s’intitule « Recyclage : le grand enfumage, ou comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable », il est signé Flore Berlingen,

qui s’était déjà illustrée en publiant « Zero Waste : guide pratique pour révolutionner la gestion locale des déchets », tous 2 parus aux éditions Rue de l’échiquier ; des lectures qui devrait être imposées à quiconque prétendrait aux municipales, si vous voulez mon avis.

Dans ce dernier ouvrage, l’autrice explique que si le recyclage reste une initiative populaire louable, il n’en est pas moins un leurre pour ce qui est du bien-fondé des résultats escomptés. Car dans le contexte actuel de surconsommation, et de génération de déchets qui lui est inhérente, le principe de recyclage est brandi par les pouvoirs publics comme étant LA lumière pour tous les peuples, un genre de Graal qui permettrait de sauver définitivement notre fragile planète du cercle vicieux et plastifié dans lequel elle s’est empêtrée depuis les années 50 – et cela, simplement grâce à la couleur du couvercle de nos poubelles.

Mais là où la p’tite est perspicace, c’est dans sa remise en question de cette prétendue volonté d’améliorer les choses : selon elle, dans les communications faites autour du recyclage des déchets, émanant notamment de sa Sainteté du Ministère de la Transition Ecologique, l’idée serait d’avantage de culpabiliser le consommateur,

en lui laissant sous-entendre que la pollution générée par les bouteilles lâchées en pleine nature, serait directement et uniquement liée à sa propre consommation et à son manque de civisme au moment de se délester de son contenant. Puis de lui proposer une solution simple comme un jeu d’éveil : le carré dans le trou en forme de carré, le rond dans le trou en forme de rond, ou presque : les déchets ménagers dans la poubelle verte, et le plastique dans la poubelle jaune ! Infantilisant n’est-il pas ? De fait, on se sent encore plus bête quand on piétine des reliques d’emballages plastiques sur la voie publique.

Alors non content de n’avoir comme effort à fournir que de distinguer le vert du jaune, le citoyen lambda, l’esprit apaisé, poursuit sa consommation de sodas, petits-plats-tout-faits et autres produits manufacturés, soigneusement emballés dans une quantité ridiculement industrielle de couches plastiques, persuadé qu’en agissant comme le lui intiment nos bien-pensantes et compétentes autorités, son impact sur l’environnement sera insignifiant. Et aux multinationales industrielles de ne pas bouger d’un iota leur process de fabrication et de conditionnement de leurs produits…

Si comme moi, vous êtes un genre de Saint-Thomas des temps modernes, voici la preuve par les chiffres : depuis les années 50, environ 8 milliards de tonnes de déchets potentiellement recyclables ont été générés. Sur ces 8 milliards, savez-vous combien ont été traités ? 9%. Et je vous invite à regarder les courbes de l’étude commanditée l’an dernier par les Echos, où vous découvrirez que 56% de ces 8 milliards ont été générés depuis l’an 2000 seulement. Une croissance exponentielle donc qui promet un avenir à court terme fantastique et super doux, comme l’avait annoncé notre prophète Elmer Food Beat (notez que cette vanne aurait été vachement plus efficace si ce titre avait été écrit par Plastic Bertrand, mais bon…).

Alors gare aux mauvais esprits et aux interprétations malveillantes ; je ne suis pas en train de prôner un retour à l’âge de pierre qui s’émanciperait du tri sélectif ; je pense au contraire que c’est l’un des derniers remparts d’une action citoyenne et responsable ! Un des rares moyens à notre petite échelle de faire entendre notre voix en somme.

Des citoyens mal informés.

D’ailleurs, il y a encore beaucoup à faire concernant le recyclage de nos consommables ; il semblerait que 48% des français ne s’y retrouvent pas avec les indications sur les emballages. Que peut-on leur dire ? Principalement d’être attentifs à la présence du ruban de Möbius, qui est le pictogramme écoresponsable le plus ancien ! Ou de se renseigner sur le site www.consignesdetri.fr si le moindre doute les assaillait ! Et de rester très attentifs sur les actions menées par les groupes de la grande distribution et de l’agroalimentaire, qui, depuis 2019, se sont engagés, via un pacte national, à rendre tous les emballages réutilisables ou compostables, à 100% et ce d’ici 2025 !

Mais l’action citoyenne la plus pertinente à ce jour, reste le fait de changer nos habitudes de consommation : adieu, ô néfaste polyéthylène téréphtalate, vestige d’une gloire passée dont l’obsolescence nous pousse à reconsidérer ta légitimité en ce 21ème siècle. Gloire à toi, ô noble matériau végétal, issu de la réflexion écoresponsable, unique salut à ce jour, d’une société pervertie et polluée par une surconsommation dont le déclin annoncé est amorcé par…. Bon, je finirai cette phrase un autre jour, je me fatigue moi-même…

Quoi d’autre ? Eh bien privilégier l’utilisation du verre par exemple, militer pour le retour de la consigne, s’employer activement au boycott des emballages plastiques en achetant notamment ses produits secs en vrac… Toujours avoir un tote bag sur soi, garder les bocaux en verre, consommer un maximum d’objets du quotidien en bambou…

A ce titre, allez donc jeter un œil sur ce que fait la Maison du Bambou, leur concept est vraiment super : tout ce qui est utilisé au quotidien, et qui est transposable en bambou, existe sur leur site ; www.lamaisondubambou.com – Cotons tige, brosse à dents, protections hygiéniques, mais aussi capsules de café, ustensiles de cuisine, sac à main, déco… bref, tout je vous dis !

Il est bon aussi de se rappeler qu’il existe à peu près un milliard de tutos sur internet pour apprendre à fabriquer soi-même les produits ménagers qu’on utilise au quotidien ; sur la chaîne YouTube de mon amie Caroline Munoz, CarolineMunozWebTV, il existe plusieurs vidéos pour apprendre à utiliser

le bicarbonate de soude dans un contexte ménager, mais aussi des sujets sur les matériaux à privilégier pour limiter son impact carbone sur la planète. Et si vous préférez lire, ça tombe bien, elle a aussi un blog : www.carolinemunoz.fr.

Mais alors, quel rapport avec la journée du 3 février ?

L’utilisation du plastique est à ce jour le fléau n°1 pour la planète ; rien qu’en France, sur l’utilisation des pailles uniquement, ce sont près de 8 millions de tubes en plastique qui sont jetés aux ordures chaque jour. Et on est autour des 500 millions pour les Etats-Unis. Ces ustensiles restent difficiles à recycler, et je ne vais pas m’égosiller à vous dépeindre l’impact que leur rejet dans la nature peut avoir sur l’écosystème, à priori vous êtes au courant.

Un mot tout de même sur les gyres, ces gigantesques pays flottants de plastique dont le plus gros, le great pacific garbage patch possède une superficie de près de 2 fois l’état du Texas ; il y a en a 5 en tout, comme autant d’océans, où les détritus charriés par les courants marins, finissent par se concentrer en d’énormes vortex.

Depuis le 3 février 2018, la journée a été déclarée Journée sans paille, pour inciter les citoyens à faire un premier pas vers une vie sans plastique. Cette initiative a été mise en place par un collectif d’associations écologistes, mené par Low Carbon City et son projet Bye Paille dont l’objectif est de réduire l’emprunte carbone liée à la consommation humaine.

Alors, comment agir en cette journée du 3 février ?

Si vous habitez en bords de mer, renseignez vous sur les initiatives bénévoles visant à nettoyer les plages des emballages plastiques qui seraient venus s’y échouer ; lorsque vous irez vous acheter à manger, refusez catégoriquement la paille en plastique quasi-systématiquement vendue avec votre boisson ; envisagez de passer à une alternative écologique, ne serait-ce que dans le remplacement de vos pailles : bambou, métal, carton… les solutions ne manquent pas ! Rappelez-vous, aux Etats-Unis, on parle de 500 millions par jour ; pour vous donner une idée, mises bout-à-bout nous pourrions leur faire faire 2 fois le tour de la Terre.

Aujourd’hui le plastique, demain qui sait ? Peut-être allez-vous vous découvrir une âme d’écolo, et agir encore plus passionnément pour préserver notre belle planète ! L’écologie, l’écoresponsabilité, le développement durable, ça commence maintenant, et chaque geste compte. Alors profitez de cette initiative mondiale pour apporter votre pierre à l’édifice, et vous coucher avec le sentiment d’avoir bien agit ; je vous jure, ça fait un bien fou !

3 réflexions au sujet de “Journée du 3 février : Et si Elmer Food Beat s’était trompé ?”

  1. et oui le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.
    Plus de 4 ans avec une gourde en inox, sans paille cela vas sans dire et vous savez quoi je vais bien ^^. Si si je vous assure la paille ne change pas le goût de votre boisson. Achetez réutilisable, beaucoup de choses se font, et je donne ma gourde pour y mettre un café un thé et on ne me prend même pas pour une folle. Si chacun fais un peu, alors on avancera plus et mieux. cf la fable du colibri 😉

    1. Merci pour votre commentaire 😍
      Très heureuse de découvrir l’adaptation de votre tube à un sujet aussi important que celui de la pollution plastique 💕 j’étais déjà fan a l’époque, je le suis davantage maintenant! 👏🏻👏🏻👏🏻

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